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APRES LA TEMPETE, LE BEAU TEMPS ?

 

La bourse de Paris a connu un premier trimestre 2013 assez calme, comparativement à l'année 2012, avec une variation haussière de 2,48% à 3 731,42 points. Pourtant, l'actualité économique a plutôt été chargée avec les inquiétudes sur les perspectives de croissance mondiale, l'imbroglio des élections italiennes et la crise chypriote : rien que cela.

Les marchés ont donc fait fi de ces nouvelles partant du principe que l'essentiel a déjà été réalisé en 2012 : la grande majorité des pays européens ont pris leur disposition pour réduire leur dette souveraine. Néanmoins, nous n'avons pas suffisamment de recul pour évaluer la perte de croissance que va générer ces mesures budgétaires surtout parce qu'elles ont été prises par quasiment tous les pays de la zone euro et en même temps. Les investisseurs tentent-ils un pari. Lequel ? Le retour des Etats-Unis.

Ce sont en effet les marchés américains (avec le marché japonais qui s'est apprécié de 18,67%) qui ont affiché les meilleures performances. Le Dow Jones a même battu son ancien plus haut historique (datant du 9 octobre 2007 à 14 164 points) pour clôturer à 14 578,54 points soit une hausse de 11,25% depuis le début de l'année.

Les Etats-Unis ont publié des chiffres économiques encourageants et ont permis d'effacer un peu plus de 5 années de crise dues aux "subprimes". Pourtant, les mesures de restrictions budgétaires votées par le congrès (suite au "fiscal cliff") devraient peser sur la croissance organique du PIB. Le déficit public a été porté à 17 000 milliards de dollars pour 2013 mais, au regard des prochains déficits envisagés, mais il pourrait aller jusqu'à 20-22 000 milliards d'ici 2018. Le montant actuel représente 100% du PIB américain : cette barre psychologique est considérée par les économiste comme le point de non retour. Ainsi, les Etats-Unis devraient voir leur croissance se tasser dans les années à venir au regard des mesures qu'ils devront prendre à l'instar des pays européens. Ainsi, seule la croissance mondiale pourrait soutenir la première économie mondiale à moyen terme.

Malheureusement, les pays tirant la croissance mondiale ces dernières années (Brésil, Russie, Inde, Chine soit les BRIC) connaissent diverses fortunes se traduisant dans l'évolution des marchés : l'indice MSCI Marchés Emergents a connu une baisse de 1,2% sur le trimestre. Et ce sont les marchés chinois et indiens qui ont le plus baissé. Leur PIB est en cours de ralentissement à, respectivement, moins de 8% et moins de 5% par an. Cette croissance reste quand même soutenue par une baisse concomitante de l'inflation permettant de penser que le cycle de baisse ne serait que court terme si la consommation intérieure augmentait grâce à cette baisse des prix. Et c'est exactement l'inverse dans le reste de l'Asie, en Amérique Latine et en Afrique où les PIB se sont légèrement améliorés. Par contre, le ralentissement mondial (finalement attendu plus fort qu'en 2012) entraîne à la baisse le cours des principales matières premières. Cela pèsera sur les pays producteurs qui sont, souvent, ceux qui ont le plus grand dynamisme économique aujourd'hui.

Au regard des facilités monétaires accordées par les banques centrales du monde entier mais surtout la Réserve Fédérale américaine, on peut penser que le monde (ou du moins certaines zones) se dirige vers une période de "stagflation" (stagnation économique et inflation) car le prochain risque majeur à court terme est bien l'inflation. Cela fait maintenant 5 ans que les potiques monétaires sont extrêmement accommodantes et comme on dit à Wall Street, "there's no free luch" (tout se paye un jour ou l'autre).

Et alors que les critiques fusent sur la méthodologie européenne de réduction des dettes souveraines à outrance, qui sait si l'Europe n'aura pas eu raison à long terme quitte à végéter à moyen terme.

A nouveau, nos recommandations restent orienter vers une certaine prudence en privilégiant les fonds diversifiés prudents ou flexibles offrant des rendements attractifs sur ces dernières années. Côté actions, on peut légèrement investir sur les Etats-Unis ou l'Europe mais seulement à court terme et plutôt sur les marchés émergents pour le moyen terme.